Situation financière catastrophique au SMGEAG, qui devrait être placé sous tutelle

Par 30/06/2025 - 19:51 • Mis à jour le 01/07/2025 - 13:03

Une réunion du comité syndical était organisée, ce lundi (30 juin), au SMGEAG. Il a été question des comptes du syndicat. Le rapport d’observations définitives de la Chambre régional des comptes (CRC) concernant sa gestion a été dévoilé. Il évoque "une gouvernance défaillante".

    Situation financière catastrophique au SMGEAG, qui devrait être placé sous tutelle

Le rapport d’observations définitives de la Chambre régional des comptes (CRC) concernant la gestion du SMGEAG, qui a sera rendu public demain, a été dévoilé ce lundi, lors d’une réunion du comité syndical, ce lundi (30 juin).

La CRC s’est penchée sur la gestion et le fonctionnement du SMGEAG depuis les débuts en 2021 et jusqu’en 2024. Elle se résume à une gouvernance défaillante.

Le SMGEAG n’a pas réussi à prendre la mesure des enjeux de l’eau et l’assainissement en Guadeloupe, selon la CRC.

Réduire la masse salariale

Difficile de réussir à lancer ce syndicat mixte quand d’entrée la masse salariale plombe le budget. Une masse salariale qui ne cesse d’augmenter et un syndicat qui n’a eu de cesse d’embaucher depuis sa création. La masse salariale était de plus de 38 millions en 2024.

A cela s’ajoute la défaillance de paiement des factures. Si certains abonnés sont de bons payeurs, une trop grande majorité des clients en Guadeloupe ne le sont pas.

A charge au nouveau président, Ferdy Louisy, de prendre des mesures fortes et surtout s’y tenir pour ne pas dégrader la situation, en réduisant les effectifs et charges de personnel, tout en améliorant le recouvrement.

Des actions ont déjà été lancées conformément aux recommandations de la Chambre consulaire.

Un chantier titanesque

Parallèlement, il faut poursuivre les travaux du réseau d’eau.

En 2024, le syndicat et les partenaires ont réalisé 9 000 réparations de fuites. Il faut faire plus pour la CRC.

Le SMGEAG prévoit 172 kilomètres linéaires de travaux sur les conduites.

Le Syndicat Mixte est plus que jamais au pied du mur, avec un chantier titanesque.

Des élus déterminés

Mais les élus actuels du Conseil syndical affichent une détermination pour réussir leur mission. Il faut encore attendre les résultats.

Mais les Guadeloupéens ont-ils encore de la patience, alors que les coupures se multiplient aujourd’hui encore dans les robinets des communes, comme l’ont rappelé les élus de Saint-François ou du Moule présents cet après-midi ?

Le président du SMGEAG, Ferdy Louisy, invité du journal de 18 heures ce lundi, évoque une situation financière catastrophique et le placement sous tutelle du budget du SMGEAG.

Nous avons arrêté le budget supplémentaire du syndicat en tenant compte de toutes les régularisations, de toutes les corrections des erreurs du passé. Et nous arrivons, non plus à un budget globalement équilibré, mais à un budget déficitaire de 47 millions d’euros. La CRC avait déjà mis le doigt sur un certain nombre de dysfonctionnements. Et, depuis quelques mois, nous avons repris l’ensemble de l’organisation financière et comptable de la structure, ce qui nous permis de découvrir ce résultat. Cette situation financière a été masquée depuis des années avec des erreurs d’imputation comptable, avec des dysfonctionnements graves au SMGEAG. Pour résumer, c’est une situation catastrophique et aujourd’hui, il fallait sortir la vérité des chiffres. Et on devra faire face à nos responsabilités, tout un chacun. Je l’ai dit aux élus. Ils ont été dupés pendant toutes ces années avec des comptes insincères. Nous allons transférer ces comptes au préfet qui devra, compte tenu du déficit et ce que dit le code général des collectivités territoriales, placer le budget sous tutelle.

Pour Ferdy Louisy, pour résorber cette situation catastrophique, il faudra de nombreux points.

Il faudra revoir l’organisation de la clientèle, revoir techniquement le SMGEAG, mettre en place le plan d’investissement, revoir la gestion des ressources humaines et la gouvernance pour corriger les erreurs du passé. Lorsque nous avons demandé à la Région Guadeloupe au mois de décembre 10 millions d’euros, au Département 10 millions d’euros, à l’Etat 20 millions d’euros – on avait estimé le besoin à 40 millions -, on a obtenu 18 millions de l’Etat, 50 000 euros de la Région et 120 000 euros du Département. Aujourd’hui, il on peut quand même redresser ce syndicat si tout le monde s’y met, du plus haut jusqu’au plus petit, c’est-à-dire de la gouvernance de la Région jusqu’au Guadeloupéen lambda, en passant par les communautés d’agglomération et les communes, en passant par l’Etat et le Département.


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